mardi 28 septembre 2010

Trouver la limite entre la terre et le ciel


Dans la rue ... Un vendeur de ballons gonflés à l'hélium.
Extase.
- "Toute cette air emprisonnée par une seule main !"

Autour de lui tout les enfants forment un espace à très forte densité.
Mais dans le dos des enfants, un espace vide, subsiste, comme un lieu de transition. Une sorte de "No mens land" où les adultes ne rentrent pas par simple soucis de désagrément.

Un enfant sort du cercle, un ballon sintillant au soleil comme une étoile dans l'azur du jour.
Marchant avec sa bulle d'air, le regard fixe mais l'esprit flanant; l'enfant est bousculé par une grande personne. La main qui tenait le petit bout de ficelle s'ouvre, l'enfant est attiré vers le sol, la sphère étincelante est déjà trop haut ...

Finalement la limite entre la terre et le ciel, c'est l'instant infime où l'air aspiré par la vie terrestre ... S'envole.
Edie

lundi 27 septembre 2010

Ramer sur un lac chez soi. (Défi philo)



Vous êtes dans votre salon, assis sur le tapis. Une fenêtre est légèrement entre ouverte et laisse passer un fin courant d’air et les murmures de la ville. Ensuite vous fermez les yeux et commencez à ramer.

« Mais avec quelles rames ? » me direz-vous.

« Eh bien justement, imaginez les ! »

Ne vous êtes vous jamais demandé ce que nous ferions, sans une seule once d’imagination ?

Tout ce que nous connaissons est son résultat… Chaque invention, chaque objet que vous utilisez quotidiennement est un fruit de l’imagination, car n’est-il pas vrai que « L’homme peut créer ce qu’il peut imaginer ? »

L’homme a sévèrement tendance à réprimer cette imagination créative, au profit du rationnel, du tangible… Pourtant que serait un monde sans celle-ci ? Là encore pour y répondre il nous faudrait faire appel à l’imagination… Elle est universelle et s’applique à peu près à tout. « L’imagination, c’est l’art de donner vie à ce qui n’existe pas, à ce que l’on désire voir se produire. » C'est la manifestation du visible à partir de l'invisible.

L’imagination permet aussi de se donner librement un autre monde que celui de la réalité, une réalité chimérique qui n’appartient qu’à vous. Et nous avons tous les moyens techniques pour y parvenir. Gloire à l’imagination donc, car elle est devenue le symbole de la liberté par excellence, nous qui revendiquons avant tout le droit de rêver !

Alors prenez vos rames et allez faire un tour.

« La manière dont on imagine est souvent plus instructive que ce qu'on imagine. »

[Gaston Bachelard]


« Sans imagination il ne pourrait y avoir création.. »

[Albert Jacquard]

« Ce qui est maintenant prouvé ne fut jadis qu'imaginé. »

[William Blake]

« L'horreur ne va pas sans l'imagination. »

[Arthur Conan Doyle]


Rotatine


dimanche 19 septembre 2010

SE PROMENER AVEC UN CROCODILE EN PELUCHE SOUS LE BRAS (défi philo)




Mais oui, c'est facile ! Même pas peur, fanfaronnez vous.

Cependant le jour J, ce croco, là, il semble vous regarder. Comme s'il vous demandait si vous étiez bien sûre de ce que vous alliez faire…

Etes vous prêt à défier la norme le temps d'une journée ?

Etes vous prêt à vous sentir épié toute la journée ?

Hésitations…

Des millions de scénarios vous viennent à l'esprit. Regards accrochés, messes basses, fous rires déclenchés, mâchoires décrochées…

Oh, et puis, après tout !

Vous arrêtez vos fabulations, cela ne doit pas être si atroce . . .

Et puis vous ne ferez de mal à personne en vous promenant avec ce crocodile…

Vous avez bien le droit de vous promener avec ce que vous voulez !

D'un pas sûr, la tête haute, le dos bien droit, vous commencez votre journée.


Le premier passant que vous croisez ne fait même pas attention à vous tant il est plongé dans ses pensées.

C'est ça de nos jours … Chacun pour soi…

Votre pas reprend alors un rythme assuré. Finalement cette journée ne va pas être si dure.


Le deuxième passant.

Ses yeux se posent sur vous. Un sourire nait sur ses lèvres, tandis que le vôtre s'affaisse.

Vous accélérez le pas pour le fuir. Et lorsqu'au feu rouge vous traversez sur le passage clouté, devant toutes ces voitures votre main droite se met à triturer la patte de ce pauvre croco.

Vous fulminez alors. Quelle expérience stupide, vous avez passé l'âge…

Pour quel idiot vous allez passer ! La présence des autres est alors plus intimidante que jamais.

La traversée de cette rue vous semble interminable, le croco pèse alors une tonne sous votre bras.

Malgré tout, il vous faut la traverser, sous tous ces regards.

Et là, goutte d'eau, un petit papi, assis sur son banc, de l'autre côté de la rue, suit du regard ce Croco qui passe.

Son regard, glisse du croco à vous.

Vous avez l'impression de faire l'un des douze travaux d'Hercule.


Tandis que vous vous poursuivez votre chemin vous croisez un punk. Vous pensez à lui, à son quotidien.

Lui qui assume chaque jour tant de regards. La gène que vous aviez ressentie s'était muée en honte. Mais là, la colère vous submerge.

Qui a fixé ces normes d'ailleurs ? Cette normalité, jusqu'où va-t-elle ?

Il suffirait donc d'un croco ? De cinq lettres pour être classé illuminé, à l'ouest, fou à lié ?

Pourtant tant de femmes portent des bijoux.

Bijou, 5 lettres également.

Et cependant jamais personne n'a arrêté son regard sur ces femmes en se demandant si elles étaient ou non saines d'esprit.

Existe-t-il une loi qui classe le croco comme l'élément des fous à lié ?

Les bijoux comme élément des personnes de saines d'esprit ?


Pourquoi ne pouvez vous pas vous baladez avec ce croco pour votre bon plaisir. Ces femmes et leurs bijoux, personne ne leur dit rien.

Pourquoi cela devrait il être différent pour vous ?

Excusez vous auprès de ces Messieurs, Dames. Excusez vous d'offensez leur vue avec ce croco.

Mais après tout si ce croco, c'était votre bon plaisir. Seriez vous prêt à laissez votre plaisir à la maison pour épargner la monotonie de leur quotidien ?


Votre journée va être longue, mais très enrichissante.

Désormais vous ne verrez plus la gothique du 5eme comme une folle à la masse, mais plutôt comme une femme courageuse.

Une femme plus forte que vous face aux clichés de la société, et à ses idéologies passagères .

Oui, passagères car après tout, toutes ces normes changent plus vite que les saisons.

La femme parfaite du temps de votre grand-père, n'est pas celle de celui de votre enfant.

Elle n'est pas non plus celle de cet africain, ou de ce chinois.


En fin de compte cette gothique que vous admiriez, est elle en perpétuel acte de défi ?

Ou essaye-t-elle de braver les normes de la société afin de devenir elle même.?


Ka.

samedi 18 septembre 2010

CRAINDRE L'ARRIVEE DU BUS (Défi philo)

Il est 8 heures 10 du matin, il fait beau. Vous attendez pour la première fois le bus à votre arrêt. Selon vous, votre indépendance commence ici : vous n'avez plus besoin de vos parents pour vous emmener là où vous le désirez, vous découvrez la liberté.

Mais êtes-vous si serein que vous en avez l'air ? Il n'y a personne à cet arrêt : vous vous sentez alors seul au monde, comme abandonné à votre triste sort. Alors que cet instant pourrait être une source de calme et de contemplation, l'attente se transforme en angoisse et dans votre tête se bousculent beaucoup de questions. En voici quelques unes.

Votre crainte primordiale est que le bus ne s'arrête pas pour vous prendre et que vous soyez contraint d'attendre le prochain.

Il y a peut-être dans ce bus des personnes que vous n'avez aucune envie de voir. Des personnes qui vous détestent et que vous détestez. Vont-elles vous interpeller ? Si tel est le cas, aurez-vous la force de les ignorer ?

Vous avez dans la tête une idée obsessionnelle : vous pensez déjà avec frayeur à l'endroit où vous devez vous arrêter. Vous ne connaissez pas cet endroit car vous n'y êtes jamais allé. Que faire si vous manquez l'arrêt et que vous ne vous en apercevez même pas ? Vous risqueriez de vous laisser emmener jusqu'au "terminus", et vous serez réellement perdu.

Une dernière crainte vous traverse l'esprit ; peu fréquente mais qui arrive de temps en temps : que le bus ait un accident, soit retenu dans les embouteillages ou "bloqué" dans une manifestation et que vous arriviez en retard au lycée.

Pour résumer, toutes ces appréhensions se rejoignent et vous n'avez peur que d'une chose : l'inconnu. D'ailleurs, votre horoscope vous avait prévenu : "Lions : votre thème astral indique peu de chance, soyez prudent !" Vous revient également à l'esprit ce chat noir croisé sur le parking : mauvais présage...

Personne ne pourrait deviner votre angoisse, pourtant omniprésente dans votre esprit. Et pas seulement dans votre esprit : cette angoisse se propage dans tout votre corps, vous commencez à trembler. Vous êtes au bord du malaise. Puis le bus arrive. Il s'arrête. Une première crainte de passée. A vous d'aviser la suite...

Bobby